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Les différents genres
Il est maintenant nécessaire de donner une définition à la fantasy. On peut la découper en plusieurs tendances, elles-mêmes divisées en un certain nombre de branches qui se mêlent ou s’entrecroisent selon leurs caractéristiques. Par cet aspect éclaté, la fantasy semble difficile à classifier, à réellement spécifier. Toutefois, on peut globalement admettre ces notions :
Tout d’abord, quelle est la différence entre la fantasy et le fantastique, trop souvent confondus ?
Pour simplifier cette comparaison, on peut la mener ainsi : le fantastique inclus l'intrusion d'un élément surnaturel dans un cadre réaliste. Donc, l'apparition d'événements inexplicables dans un contexte connu du lecteur ; par exemple, si la magie ou les sorcières s'immiscent au coeur de Paris, on a bien un élément incompréhensible (les sorcières) dans un monde normal (ici représenté par Paris). A son contraire, en fantasy, l’œuvre débute, se déroule et se termine dans un monde inventé, donc sans repères contemporains donnés aux lecteurs.
Cependant, attention au déterminisme, soit penser qu’il suffit de connaître le cadre pour dégager le genre. Il faut également prendre en compte l’atmosphère produite par le roman. Du fait de cette intrusion inconcevable, le fantastique sera ainsi plus angoissant, plus déstabilisant aux yeux du lecteur, tandis que la fantasy instaure une certaine confiance. Certes, le lecteur échoue sur des rivages inconnus, mais cela n’en reste pas moins crédible, il peut le concevoir, laisser dériver son imagination sans craindre de se perdre. Car étrangement, un univers inventé, entièrement, semble moins inquiétant que le concours d’éléments incroyables dans « notre monde », là où le moindre changement génère une forme de malaise. En fantasy, la magie, l’irrationnel, sont admises car cohérentes avec leur environnement, lui-même entériné par d’autres normes et valeurs ; en fantastique, nous connaissons déjà les règles, or les modifier revient à perturber notre conception des choses.
• La Dark fantasy : la Dark fantasy nous apparaît comme le genre le plus pessimiste, le plus baroque et le plus désenchanté de la fantasy. La où des cycles de high se gargarisaient d’un monde féerique, la dark inverse le rapport de force et abîme le lecteur dans un univers inquiétant, si ce n’est ténébreux. Ainsi, le Bien et le Mal ne poursuivent plus une lutte convenue, puisque ici, les adorateurs de l’ombre l’emportent sur la lumière. Les héros de ce genre s’avèrent ainsi tout à fait innovants ; loin derrière les guerriers sans peur ni reproches, ils se révèlent faibles, couards s’il le faut, et surtout impuissants face à l’écheveau du destin. Victimes de la course du temps, ils subissent de nombreux tourments, perdent jusqu’à la raison pour en fin de compte ne pas vaincre. Ce genre où la faiblesse des protagonistes nous touche, incite les lecteurs à apprécier de nouveaux archétypes, telles des créatures effrayantes, des phénomènes abominables, le tout sous couvert d’une mythographie soignée et appréciable. Les auteurs s’ébaudissant dans ce genre appartenaient très souvent au cercle de H.P Lovecraft, l’auteur fondateur du genre, très certainement. Au tour de lui se sont acérés d’autres plumes, avec une influence non dissimulée, comme celles de Clark Ashton Smith, Samuel Loveman ou August Derleth.
• La science fantasy : La science fantasy est généralement difficile à définir, du fait de ses points communs, plus ou moins avérés, avec la science fiction. Toutefois, ses romans s’inscrivent dans un certains nombres de critères, le tout se déroulant dans un système extra planétaire, soit sur des planètes lointaines dotées de caractéristiques physiques bien différentes des nôtres. La plupart du temps, les romans mettent ainsi en scène des migrants terriens, mettant à profit une science des plus rationnelles, qui suite à leur implantation sur ces nouvelles contrées vont évoluer, s’adapter, revenir à une époque plus médiéval et finalement côtoyer une magie mystérieuse. Si celle-ci s’explique par diverses expérimentations génétiques, psychiques ou technologiques, ses mondes recourent toutefois largement au domaine du merveilleux, comme c’est le cas des dragons, dans le célèbre cycle d’Anne McCaffrey. Sahagiel |