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Auteur : Brent Weeks (voir sa biographie) Genre : Résumé du premier tome : Le tueur parfait n'a pas d'amis, il n'a que des cibles. |
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Critique personnelle de l'oeuvre : Trilogie sortie en trois mois aux Etats-Unis, La Voie des Ombres connaît depuis un vif succès, et envahit depuis peu nos étagères. La quatrième de couverture revendique le côté dur et violent du livre, tandis que la magnifique couverture française, signée Frédéric Perrin, confirmait cette ambiance. De quoi intriguer ! L’atmosphère qui enrobe le livre vous prend véritablement à la gorge : immergé dans cette ville où sévissent les pires horreurs, on reste difficilement insensible ; enfants dont on érafle l’innocence, assassins qui trouvent dans la barbarie un exutoire, vocabulaire oscillant entre crudité et violence, le récit s’adresse à un lectorat averti, car on y trouvera bien peu de douceur. Si cette moiteur dérange, elle dégage toutefois une incontestable fraîcheur, certes paradoxale, nous en convenons volontiers ! Mais suivre l’apprentissage du jeune Azoth, assister à la perte de sa candeur et aux diverses étapes de sa jeunesse devient vite prenant, au point de maudire l’heure de refermer l’ouvrage. Chaque chapitre ne sera pas sans rappeler un épisode, une tranche de vie et une épreuve où nous piaffons pour découvrir la suite. Mouvementé, le scénario s’exempte ainsi de temps morts, outre une première moitié plus lente pour introduire le scénario ou les personnages, et contribue au dynamisme. Bien sûr, l’enthousiasme de l’auteur se heurte à quelques canevas : l’apprenti qui abandonne son ancienne vie pour se construire une illusion, faite de tromperies et de mensonges, ne sera pas bouleversant. Mais le bât ne blesse pas, au contraire et, avec une grande facilité, l’auteur construit une ville et un contexte politique prenant, qui devient vite un terrain de jeu grandeur nature, où ni les politiciens, ni les appauvris ne seront délaissés.
On soulignait parfois les influences de l’auteur, avec un assassin formé à assassiner des cibles politiques, toutefois, il serait maladroit de l'assimiler aux classiques comme l’Assassin Royal ; autant Fitz servait son royaume en recourrant à la violence, autant Azoth/Kyllar se montre plus coercitif, éliminant à la fois ses cibles mais aussi les éventuels témoins, basant ses relations selon leurs avantages et intérêts, renonçant à bien des sentiments, amitié en particulier, pour respecter ses préceptes. Le véritable défaut du récit serait son excessif foisonnement ; à trop en faire, l’auteur enchaîne les révélations à un rythme d’enfer et néglige par la même leurs conséquences. Une chute à même de bouleverser l’intrigue passera presque inaperçue, tandis que se profilent déjà de nouvelles découvertes ; cette densité s’ajoutera aux défauts comme aux qualités car, admettons-le, aussi expéditifs soient-ils, les rebondissements méritent le détour ! Hormis cet excès d’enthousiasme, le livre fourmille de qualités et comblera tant il regorge de scènes poignantes et visuelles, et de personnages aux personnalités réellement complexes. Excepté un ennemi ma foi trop lisse, les protagonistes principaux et secondaires dévoilent à chaque fois une facette de leur personnalité, et ont encore beaucoup de choses à dire, n’en doutons pas. Que ce soit Durzo Blint, la fascinante Mamma K ou le héros lui-même, ils nous entraînent dans une monde où la violence, parfois, se marie à la poésie. Note finale : 8/10
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Résumé du second tome : Le tueur parfait n’a pas de nom, il a plusieurs visages. |
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Critique personnelle de l'oeuvre : Après une introduction dense, percutante et qui prenait aux tripes, le volume deux avait la lourde tâche de confirmer l’essai, et égaler sinon surpasser la qualité de son prédécesseur. Autant dit qu’il renfermait bien des espoirs ! Dès les premières lignes, nous retrouvons ce qui faisait le charme du premier tome : une plume et des personnages incisifs, qui sont propulsés dans une tourmente d’évènements. Brent Weeks ne fait pas dans la dentelle ni dans la suggestion bienséante : il met en scène, avec toujours une approche quasi cinématographique, des déchirures violentes, physiques ou morales, revient sur la crasse des hommes ou exacerbe leur courage, auréole de gloire des individus faillibles et sujets aux doutes. Pas de roc inébranlable, guère de frontière clairement définie entre le bien et le mal. Points de vue, motivations et rapport de force seront tour à tour présentés pour conférer à chacun des nuances, une crédibilité. Il est ainsi poignant de retrouver Cénaria en proie à l’envahisseur. Les rues gorgées de pauvrets deviennent la lie de la barbarie où s’accentuent les comportements inhumains… Mais nous découvrons aussi des refuges et exutoires qui permettent aux murailles fêlées de se reconstruire, et ne pas sombrer avec la guerre. C’est toute la construction et la solidification d’une communauté que nous suivons, traînant avec elle une problématique : la paix peut-elle s’établir sans violence ? Peut-on oublier notre rang pour survivre ? Les solutions viennent-elles uniquement des hautes sphères ? Assurément, nous aurons de quoi faire bombance, tandis que la diversité des lieux et des contextes dynamise la mécanique déjà bien huilée. Malgré tout, quelques déceptions pointent, principalement côté personnages. Nous aurons le droit à des atermoiements quelques fois burlesques ou enfantins ; à des situations un rien cabotines et exagérées ; et à des protagonistes qui, contrairement aux autres, se cramponnent à des stéréotypes (pensons en particulier à Élène dont nous espérons un approfondissement ensuite). À l’inverse, l’accent est mis sur des caractères qui occupaient à peine la place de secondaires au premier tome, et révèlent là des personnalités complexes ! Vi fera ainsi son entrée en scène et bouleversa quantité d’idées reçues, en dépit de ses penchants plus communs, tandis que le roi Ursuul donnera une dimension tout autre au conflit. Enfin, l’intrigue qui lentement se dessine présage quelques retournements de situation (qui est le Loup ? Que veut-il exactement ? Quel rôle joueront Curoch et la magie qui semble nimber toute révélation ? Multiples questions dans un champ d'intrigues solide, annonciateur de coup d’éclats spectaculaires !), tandis que le culot de l’auteur nous arrache définitivement un petit sourire. D’une envergure un tantinet moins grande, Le Choix des Ombres se place en tome charnière, toujours aussi dynamique sur la seconde moitié, et augure une fin de trilogie rocambolesque !
Note finale : 8/10
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